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    Victime de son succès le développement durable imprègne dorénavant toutes les sphères de la bonne pensée politique, et affiche sa vertu sur tous les murs, qu’ils soient publicitaires ou écologiques… De son côté l’avènement du tout culturel dans nos sociétés contemporaines, englobe nos façons de penser, d’agir, notre idéal de rassemblement, nos souvenirs partagés…bref constitue notre socle d’existence commune dépourvue de toute réelle volonté émancipatrice.

     

    Culture et développement durable, dans leur tentative actuelle de rapprochement, partageraient en définitive sur des parcours parallèles un destin commun… celui de devoir disparaître à moyen terme, engloutis dans un océan de déclarations bien pensantes et de consensus mous… aplanis faute d’avoir su investir avec désir le futur, et de reconnaître la portée symbolique de leurs projets.

     

    Quelles seraient les conditions pour que le développement durable, dans sa grande œuvre pacificatrice, puisse prétendre incarner un projet de civilisation ?

     

    Certes éclairer notre chemin, mais aussi intensifier nos existences… ne conviendrait-il pas de convier l’art comme désordre créatif, et inventivité insoumise pour renouveler l’action politique dans une trajectoire de développement durable ? Tout projet politique de développement durable se doit de porter un espoir collectif, créer de nouvelles opportunités et suggérer des arbitrages dans les champs d’incertitude…

     

    L’alternative ? le risque du « dégoût » de développement durable comme on frise le dégoût culturel, cet empilement désarticulé de vagues connaissances, d’images accumulées dans lequel nous baignons, au quotidien, désorientés…

     

    Référence : « Le grand dégoût culturel » Alain Brossat ed Non conforme Le Seuil, 2008

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