• Valeurs du DD : le piège des évidences… (2)

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    Lors de deux premiers débats, a été exprimé plusieurs fois la nécessité de remettre en cause l’idée du progrès, et peut-être d’y renoncer, tout comme il faudrait renoncer à émettre des valeurs universelles qui seraient agressives et intenables pour d’autres cultures et stades de développement. 

    Renoncer au progrès, et à l’universalisme? 

    L’occident a pris l’habitude de battre sa coulpe, et le DD lui sert bien des occasions de jouer cette étrange scène : les dominants d’hier s’excusent de dominer encore, ce qui est peut-être une terrible illusion d’optique, car ni la Chine, l’Inde, le Brésil, ou l’Afrique du sud, n’ont de temps à consacrer à ces jérémiades : ils inventent leur propres stratégies de développement en exploitant toutes les faiblesses du notre. Jamais l’idée de progrès n’a été aussi active et diversifiée : planétaire. 

    Le débat sur l’universalité des valeurs du DD, qui voit ressurgir en permanence l’hypothèse que ce qui est bon aux yeux de l’occident serait incompréhensible ou inadapté pour les autres, a le mérite de réintroduire l’exigence de reconnaître les différences. Mais pour autant, n’est-ce pas une façon de durcir des conflits historiques et de perpétuer des discours qui n’ont plus de réalité opérationnelle tant les économies et les cultures sont interdépendantes (jusque dans leurs conflits) ? N’est-ce pas surtout une façon de continuer à penser dans des termes « d’Histoire-géo » qui seraient peut-être totalement dépassés? Un projet de civilisation durable, serait justement au-delà des frontières, et des positions historiques clivées, car il prendrait la mesure des interdépendances. L’échelles des questions globales, ne nous invitent-elles pas à repenser l’universel plutôt que de le dénoncer? Ce qui fait le jeu de toutes les divisions, frontières, et conflits… 

    Le problème que soulève cette critique des valeurs d’universalisme et de progrès issus des grandes révolutions politiques européennes et américaines des XVIIe et XVIIIe siècles, c’est de « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Nous vivons un moment d’intense transformation historique, où le temps s’accélère. Si bien qu’il devient difficile de savoir comment positionner une réflexion fondamentale : en considérant l’Histoire récente, l’Histoire du siècle passé, ou bien en se positionnant en prospective (et laquelle : +10, +50, +100…)? La réflexion sur le DD doit-elle se fixer pour objectif de digérer l’Histoire Moderne pour la rééquilibrer (la réparer?), ou d’inventer un avenir radicalement différent? 

    MA. 

     

    PS : « Terre Natale »

    On peut aller voir avec intérêt cette exposition à la Fondation Cartier qui confronte les regards de Raymond Depardon et de Paul Virilio sur les mutations de la planète. Si la relation au territoire tend à devenir de plus en plus abstraite (et on voit mal comment ce mouvement cesserait), qu’est-ce qui nous lie à un lieu, ou plus largement à une identité? Pour Raymond Depardon c’est l’appartenance culturelle à une langue, qui s’incarne aussi dans un rapport au corps et la nature. De son côté, Paul Virilio constate : « c’est la fin de la géographie »… Il n’y aura pas de retour en arrière, mais par contre de nouvelles situations vont apparaître, issues de l’intensification des mouvements migratoires (un repeuplement global) qu’il faut anticiper d’urgence. 

     

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